Arʞidem Red
2016
Arʞidem (Architecture of Dementia) is a series of color drawings - mixed media - born out of a vital necessity: to think and to repair through image-making. Created over the course of a year, these drawings function both as a space of care and as a field of aesthetic experimentation, in which the act of drawing channels mental energy, stimulates the senses, and strengthens an artistic direction. Drawing emerges here as an immediate, flexible medium, capable of absorbing the complexity of fragmented perceptions. Informed by an extended immersion in research on neuroplasticity—conducted in parallel with caring for my father, who was diagnosed with Lewy body dementia—the series conveys an intimate experience of intuition: a fast, embodied intelligence that precedes conscious thought. In Arʞidem, heterogeneous motifs, sometimes seemingly unrelated, overlap and coexist, echoing conversations with my father that might have appeared incoherent but in fact carried an internal logic of their own. Through successive layers, these fragments construct a world, a figure, an expanded mode of perception, in which meaning is not immediately given but emerges through resonance. Colors, developed in dialogue with specific musical environments—Indian classical music for greens and magentas, traditional Middle Eastern music for blues and golds, Spanish guitar for reds and golds—contribute to this sensitive architecture. Arʞidem thus affirms drawing as a site of recomposition: a space where apparent disorder, intuition, and memory come together to produce a form of clarity—fragile, shifting, and profoundly human.
Arʞidem Rouge
2016
Arʞidem (Architecture de la Démence) est une série de dessins en couleur - technique mixte - née d’un besoin vital : penser et réparer par l’image. Réalisés sur une année, ces dessins constituent à la fois un espace de soin et un champ d’expérimentation esthétique, où l’acte de dessiner permet de canaliser l’énergie mentale, de stimuler les sens et de renforcer une direction artistique. Le choix du dessin s’impose ici comme un médium immédiat, souple, capable d’absorber la complexité de perceptions fragmentées. Nourrie par une immersion prolongée dans des recherches sur la neuroplasticité — menées parallèlement à l’accompagnement de mon père atteint de démence à corps de Lewy — la série traduit une expérience intime de l’intuition : cette intelligence rapide, corporelle, qui précède la conscience. Dans Arʞidem, des motifs hétérogènes, parfois sans lien apparent, se superposent et coexistent, à l’image de conversations avec mon père qui pouvaient sembler incohérentes mais portaient en réalité une logique propre. Par couches successives, ces fragments construisent un monde, une figure, une perception élargie, où le sens n’est pas donné d’emblée mais émerge par résonance. Les couleurs, travaillées en relation avec des univers sonores spécifiques — musique indienne classique pour les verts et magenta, musique traditionnelle arabe pour les bleus et or, guitare espagnole pour les rouges et or — participent de cette architecture sensible. Arʞidem affirme ainsi le dessin comme un lieu de recomposition : un espace où désordre apparent, intuition et mémoire s’assemblent pour faire surgir une forme de clarté — fragile, mouvante, profondément humaine.