Lend Me Your Shoulder
2020
This photographic series emerges from a fundamental investigation into body casting, conceived as the gradual construction of a formal archive that lies at the origin of the entire sculptural work developed in the Body-Scapes series. Produced in the studio, either individually or in pairs, these casts do not aim at perfect anatomical reproduction but at recording bodily shapes and states—support, surrender, embrace, suspension—captured in the urgency of the gesture. Photographed just before demolding, the plaster-covered body rests on a dark fabric that absorbs spatial references and transforms the scene into an almost cosmic field. Drips and splashes bear witness to the speed required by the process—essential to freeing the models from prolonged immobility—and inscribe the very energy of the action into the image. The reverse side of the cast, with its ridges, hollows, and reinforcing ribs (to rigidify the cast), becomes a sensitive topography in which the body appears to float, fragmented, at times sensual, at times more overtly carnal, without ever tipping into anecdote. From this experimental material emerge the foundational forms of the work—most notably the shoulder, revealed as a potential landscape—and the affirmation of a central principle: the process itself becomes image, and the image, in turn, becomes a site of projection for new sculptures, situated between body, memory, and imagination.
Prête-moi ton Épaule
2020
Cette série photographique procède d’une recherche fondamentale autour du moulage du corps, pensée comme la constitution progressive d’une bibliothèque formelle à l’origine de l’ensemble du travail sculptural de la série des Paysages-Corps. Réalisés à l’atelier, seuls ou à deux, ces moulages ne visent pas la reproduction anatomique exacte mais l’enregistrement de formes et d’états corporels — appuis, abandons, enlacements, suspensions — saisis dans l’urgence du geste. Photographié juste avant le démoulage, le corps enveloppé de plâtre repose sur un tissu sombre qui absorbe l’espace et transforme la scène en un champ presque cosmique. Les coulures et éclaboussures témoignent de la rapidité nécessaire au processus — indispensable pour libérer les modèles de l’immobilité — et inscrivent dans l’image l’énergie même de l’action. L’envers du moulage, avec ses reliefs, ses creux et ses nervures (afin de rigidifier le moulage), devient alors une topographie sensible, où le corps semble flotter, fragmenté, parfois sensuel, parfois plus explicitement charnel, sans jamais basculer dans l’anecdote. De cette matière expérimentale naissent les formes fondatrices du travail — l’épaule, notamment, révélée comme un paysage potentiel — et l’affirmation d’un principe central : le processus lui-même devient image, et l’image, à son tour, devient un lieu de projection pour de nouvelles sculptures, entre corps, mémoire et imaginaire.